Les "amiantés"
attendent de leur Conseil d'accéder à un suivi post-professionnel
pour obtenir des examens fiables et faire éventuellement reconnaître
leur maladie professionnelle.
D'après diverses études, 25 % des hommes de 55 ans et
plus ont été exposés à l'amiante et une
proportion notable a été exposée aux fumées
de combustion, aux poussières de bois, aux oxydes de fer, au
chrome, etc…
Une législation existe.
L'arrêté du 28 février 1995, paru au journal officiel
du 22 mars 1995, prévoyant pour toute exposition antérieure
à un cancérogène, un suivi médical post-professionnel
(SPT) pour les chômeurs et les retraités.
Or, elle n'est quasiment pas appliquée.
Si l'on prend le cas des exposés à l'amiante, en dehors
de l'aide apportée par le médecin généraliste,
des conseils et informations doivent être apportés aux
intéressés par les personnes compétentes en matière
de défense des intérêts à savoir l'Avocat.
Le retraité doit faire, tout d'abord, une demande de prise
en charge du SPT auprès de la CPAM accompagné d'un certificat
d'exposition fourni par l'employeur.
Toutefois, faute de pouvoir obtenir ce dernier document, il doit demander
à la CPAM de faire une enquête pour établir la
matérialité de son exposition antérieure et toute
lettre du médecin traitant détaillant le cursus professionnel
de l'intéressé, et les circonstances de l'exposition
facilitant grandement une décision positive de la CPAM.
Des examens cliniques sont prévus tous les deux ans.
Le médecin traitant doit apporter sa participation et son Conseil
à l'intéressé et demander à la CPAM de
prendre également en charge un scanner thoracique conformément
aux recommandations de la conférence médicale de consensus
de décembre 1999, soit tous les 6 ans pour les expositions
fortes, tous les 10 ans pour les autres expositions hormis les expositions
passives.
En outre, toute fibrose de la plèvre ou du parenchyme pulmonaire,
tout cancer broncho-pulmonaire, et tout mésothéliome,
doit être déclaré par l'intéressé
à la CPAM comme maladie professionnelle en y joignant le certificat
médical initial (C.M.I) établi par son médecin.
Ce certificat doit comporter le numéro du tableau, le paragraphe
concerné, la pathologie rapportée si possible dans les
mêmes termes que dans le tableau, et les périodes d'exposition
au risque en précisant au mieux les travaux effectués.
Dans le cas du cancer bronchique, il est nécessaire de rechercher
également les signes de fibroses qui permettent de déclarer
la maladie par rapport au tableau 30 afin d'éviter, dans la
mesure du possible, les conditions limitatives du tableau 30 bis.
Pour les mésothéliomes, environs 1000 à 1200
cas par an, malheureusement il subsiste encore de nombreuses erreurs
de diagnostic d'autant que l'exposition peut avoir été
faible, plus de 40 années auparavant.
Dès lors, qu'il apparaît la moindre pleurésie
suspecte, il ne faut pas hésiter à envoyer le malade
dans un service spécialisé.
L'Avocat doit conseiller chaque fois que cela lui parait possible
ou nécessaire, d'engager une procédure auprès
du Tribunal des Affaires de Sécurité sociale pour faire
reconnaître la faute inexcusable de l'employeur.
La réparation des préjudices subis sera beaucoup plus
conséquente.
L'Avocat, au même titre que le médecin, a un rôle
d'accompagnement des victimes qui contestent leur taux d'IPP sur la
base du barème de la Sécurité Sociale, barème
paru au journal officier du 2 juillet 1999, devant les Tribunaux du
Contentieux.
Pour les pathologies non retenues dans un tableau, si les données
locales permettent de repérer un excès apparemment significatif
lié à un processus de travail, nous pouvons déclarer
la maladie dans le système complémentaire de réparation,
en application de l'article L.461-1 du Code de la Sécurité
Sociale, alinéa 4.
Dorénavant, il est possible d'accéder à ce système
à partir d'un taux d'IPP évalué à 25 %.